
“ Le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le communisme, c'est l'inverse. „
Coluche
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dommages « colatéraux » > Aman Iman
En mars 2007, le WWF publiait un rapport accablant. Son rapport, intitulé « Les 10 plus grands fleuves en danger », affirme que la crise des grand cours d'eau est aussi préoccupante que le changement climatique. Cinq des dix fleuves les plus menacés coulent en Asie : le Yangtze, le Mekong, le Salween, le Ganges et l'Indus. Mais les autres continents ne sont pas en reste. Le Danube (en Europe), le Rio de la Plata (en Amérique), le Rio Grande/Rio Bravo (en Amérique du Nord et du Sud), le Nil (en Afrique) et le Murray-Darling (en Australie) font également partie du top 10. Rien d'étonnant si l'on sait que chaque jour, on déverse près deux millions de tonnes de déchets dans les cours d'eau, qu'il s'agisse de matières fécales, de pesticides, d'engrais, de matières organiques, de métaux, de solvants et autres déchets toxiques. Les dernières décennies ont consacré la « mutilation » des grands fleuves, presque systématiquement détournés pour alimenter les industries ou l'agriculture. Bien souvent les fleuves n'atteignent plus la mer.
Ce sombre tableau de l'état des grands fleuves ne devraient pas nous faire perdre de vue que tous les cours d'eaux, y compris les plus petits, sont malades de l'homme. Un recensement effectué en France en mars 2008 a dénombré 561 événements de pollutions provoquées par des déversements d'hydrocarbures (produits neufs ou déchets comme des huiles de vidanges ou à usage industriel) dans les cours d'eaux en France entre 2004 et 2007 ! Un chiffre énorme qui atteste d'un phénomène peu souvent mis en exergue : la responsabilité collective de la détérioration de notre environnement. L'industrie est responsable de 72 cas recensés, devant le transport routier (58), les particuliers (55), la distribution et la livraison de produits polluants (44), les réseaux d'eaux pluviales et usées (40), la navigation (35), le vol et la malveillance (23), l'agriculture (17).
Les fleuves ne sont pas les seules victimes des activités humaines. Les lacs et les mers intérieures du monde entier subissent des dérèglements majeurs. Le cas d'école est la Mer d'Aral dont il reste moins d'un quart de la surface initiale. Le lac Tchad connaît un destin identique : alors qu'il couvrait dans les années 1960 un secteur de plus de 26.000 km², en 2000, il était tombé à moins de 1.500 km². Le déficit de pluviosité combiné à une plus grande utilisation des eaux du lac et des rivières pour l'irrigation expliquent ce recul dramatique. Premier lac d'eau douce de Chine, le lac Poyang s'est considérablement rétréci en raison d'une sécheresse pour ne plus faire qu'un dixième de sa taille naturelle en hiver (500 km²). Le lac Baïkal quant à lui subit une baisse de son niveau d'eau de 12 à 15 cm chaque mois. La vitesse à laquelle le niveau de l'eau du lac baisse se répercute déjà sur l'écosystème et assèche les frayères des poissons du Baïkal, uniques en leur genre. En outre, le refroidissement rapide de l'eau tue les oiseaux.
Enfin, il est impossible d'analyser la situation actuelle des cours d'eau sans évoquer l'incidence des constructions de barrages, qui selon les estimations ont déplacé 80 millions de personnes de par le monde. Côté pile, un accroissement indiscutable de la production d'énergie. Côté face, un tribut très lourd pour l'environnement et les populations expropriées de leurs terres. Rien qu'en Inde, plus de 4.000 barrages ont submergé 37.500 km² de terre et expulsé 42 millions d'habitants de leurs maisons. Le plus grand barrage du monde, celui des Trois Gorges en Chine, est un énorme gâchis. L'inondation de plus de 600 km² de terres agricoles et de forêts et le déplacement de plus d'un million d'habitants aura été nécessaire pour sa construction. Or, que constate-t-on aujourd'hui ? En amont, une sédimentation accrue menace son potentiel hydroélectrique et menace la construction, rendant possible un effondrement en en cas de secousse sismique. En aval, les sédiments jouaient un rôle d'engrais naturel. En raison de leur diminution, le recours à l'agrochimie devrait s'intensifier aggravant la pollution de l'eau du fleuve. L'exemple du barrage des Trois Gorges est loin d'être un cas isolé. Les barrages le long du Danube ont quant à eux déjà détruit 80% des zones humides et des plaines inondables du bassin du fleuve. Quant à l'impact négatif qu'ont les barrages sur les écosystèmes environnants, il n'est plus à démontrer depuis longue date. La disparition probable du dernier dauphin de Chine n'est pas étrangère aux nombreux barrages construits à différents niveaux du fleuve Yangtse où étaient recensés les derniers spécimens.
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