
“ La finance moderne se résume à ôter les risques des épaules de ceux qui sont capables de les porter (les banques), pour les mettre sur les épaules de ceux qui sont incapables de les comprendre. „
Martin Wolf
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dommages « colatéraux » > dévastation de la planète > disparition des forêts tropicales
Selon le World Resources Institute, 80% de la couverture forestière mondiale originelle a été abattue ou dégradée, et ce essentiellement au cours des trente dernières années. Ce chiffre résume à lui seul la gravité du phénomène de déforestation.
Toutes les minutes, l'équivalent de 25 hectares de forêts tropicales disparaissent quelque part sur la surface du globe. Sur une année complète, ce sont ainsi quelque 13 millions d'hectares de forêts - l'équivalent de la Grèce - qui disparaissent de la surface de la planète. La plus grande forêt vierge du monde, la forêt amazonienne, n'est déjà plus que l'ombre de ce qu'elle était. Depuis 1972, 700.000 km² ont été anéantis, soit 15% de sa superficie initiale ! Et pour les besoins des multinationales qui y opèrent, le rythme ne cesse de s'intensifier : 17.000 km² détruits en 1998 contre 26.000 km² en 2004. Pour compléter ce constat déplorable, il convient d'ajouter que les perspectives laissent peu de place à l'optimisme : selon l' OIBT (Organisation internationales des bois tropicaux), moins de 5% des forêts du globe sont gérées de manière à assurer leur pérennité.
Les forêts ont de multiples utilités : la conservation des sols, des eaux et des écosystèmes forestiers, la protection des littoraux (la mangrove), la lutte contre les avalanches ou contre la désertification, ainsi que la fonction très importante de stockage du carbone, qui permet d'atténuer le réchauffement climatique. Toutes ces fonctions sont gravement altérées par la déforestation. En Amazonie par exemple, la surexploitation des terres déboisées, généralement utilisées par après pour l'élevage de bétail ou la culture de soja, a conduit à rendre impropre à l'agriculture et à l'élevage une superficie de 130.000 km² (soit 30% de la surface totale détruite de la forêt amazonienne !), la plupart de ces zones ayant déjà entamé un processus de désertification.
Le phénomène touche tout particulièrement l'Amérique du Sud (perte nette de 4,3 millions d'hectares de forêts par an depuis le début du millénaire) et l'Afrique (4 millions d'hectares). Les multinationales sont très actives dans ces régions où elles profitent de la grande pauvreté des populations et du laxisme ou de la corruption qui affecte les gouvernements locaux. Les compagnies forestières sont coupables sur toute la ligne, notamment en ce qui concerne leurs pratiques aveugles, dites de la « coupe à blanc » (on coupe tout et l'on ne récupère que ce qui est vendable) : un gaspillage évitable, mais qui encore une fois est justifié au nom du profit.
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