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dommages « colatéraux » > dévastation de la planète > le sabotage de Kyoto
Le réchauffement climatique de la planète, conséquence des activités humaines, est admis et reconnu par la communauté scientifique internationale. Pourtant, les Etats-Unis, responsables à eux seuls de 25% des émissions mondiales de CO2, se sont unilatéralement retirés du protocole de Kyoto, dont l'objectif pourtant jugé bien insuffisant par les experts scientifiques est de diminuer de 5% les émissions mondiales d'ici à 2012. L'argument de façade est la préservation de la croissance américaine. La réalité est fort différente.
Les groupes de lobbying américains ont rapidement manifesté leur désapprobation aux réductions des gaz effets de serre, compromettant les gros bénéfices des multinationales américaines dont les plus puissantes sont également les plus polluantes. Le Global Climate Coalition (GCC), groupe de lobbying rassemblant les poids lourds - et polluants - de l'industrie américaine, se montre particulièrement actif. Dans un premier temps, il tente, à coup de coûteuses campagnes médiatiques et d' « études scientifiques » à contre-courant de faire échouer la ratification du protocole. En vain. Préparant le terrain pour la succession d'une administration Clinton jugée trop conciliante à leur goût, le GCC se tourne vers ses bases républicaines et choisit de financer la campagne présidentielle d'un des leurs, George W. Bush. La suite, on la connaît : une élection entachée par des fraudes et un retrait immédiat des Etats-Unis du protocole, en mars 2001.
Depuis, le GCC et la Maison-Blanche militent sans relâche. Rien qu'à lui seul, le groupe Exxon a investi 16 millions de dollars entre 1998 et 2005 auprès de 43 organisations diverses, dans l'unique but d'alimenter un travail général de désinformation dans le domaine des recherches sur le réchauffement climatique. Les agences gouvernementales américaines ont été majoritairement infiltrées par l'administration Bush. On ne compte plus les cas de censures ou les nominations au sein de comités d'experts de personnes qui défendent les intérêts adéquats à la politique de la Maison-Blanche. La prestigieuse revue « Science » s'est inquiétée de l' « invasion par l'administration Bush du milieu scientifique ». Dernier exemple en date : la censure du directeur du centre de recherche de la NASA qui avait établi, étude scientifique fiable à l'appui, que 2005 était l'année la plus chaude que la terre ait connu ces cent dernières années. Le mea-culpa auquel la NASA fut contrainte dès le lendemain est révélateur des énormes pressions pesant sur la communauté scientifique internationale, particulièrement sur les organismes américains et onusiens.
En refusant de ratifier le protocole de Kyoto, les Etats-Unis, accompagnés de l'Australie, offrent un prétexte idéal au désengagement général. La position « délinquante » américaine offrira une justification toute faite aux pays développés désireux de ne plus faire d'efforts de réduction de GES. Quant aux pays émergents et aux pays pauvres, déjà dispensés d'objectifs à atteindre au nom de leur fragilité économique, ceux-ci n'auront aucune raison de s'engager plus sérieusement en la matière. Une situation intenable si l'on sait que les pays émergents sont probablement appelés à devenir les plus gros pollueurs de la planète. Dans un futur sans doute plus proche qu'on ne l'imagine.
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