
“ La meilleure preuve d’intelligence est de raisonner à la fois sur deux idées contradictoires. Par exemple, savoir que les choses sont sans espoir, et travailler en fonction de l’espérance „
Francis Scott Fitzgerald
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dommages « colatéraux » > les victimes de la guerre économique
La zone franche (ZF) est une zone géographique d'un pays qui permet aux entreprises qui s'y installent de bénéficier d'avantages fiscaux et d'une main d'oeuvre à faible coût, les législations sociales y étant pratiquement inexistantes. Ces deux avantages en ont fait de véritables eldorados pour les multinationales des pays développés. La preuve la plus visible en est leur prolifération : de 80 en 1975, elles sont passées à 850 en 1998 et à plus de 5.000 en 2004, recrutant désormais 42 millions d'hommes, de femmes et d'enfants. Cette augmentation est à la hauteur de l'intérêt que représente cette nouvelle main d'ouvre. Les multinationales l'ont bien compris. Mais, soucieuses de leur image, elles préfèrent généralement passer commandes auprès d'entrepreneurs ou d'intermédiaires locaux plutôt que de s'y installer elles-mêmes.
Les terminologies varient en fonction des endroits où elles sont implantées, des « maquiladoras » en Amérique Latine aux « sweatshop » en Inde et aux Philippines . Mais si les dénominations de ces ZF varient très souvent d'une région à l'autre, les conditions de travail de la main d'oeuvre qui y est exploitée sont par contre identiquement abominables. La Chine est de loin le plus grand pourvoyeur en zones franches d'exportation avec une main d'oeuvre avoisinant les 30 millions de travailleurs. Leurs conditions de travail sont encore plus misérables qu'on ne l'imagine : semaines entre 60 et 70 heures de travail, revenus inférieurs au minimum salarial - fixé en Chine à. 44 dollars par mois - ou encore mises à pied à la moindre rebuffade ou au moindre accident de travail. L'industrie textile au Bangladesh et en Argentine, les ateliers de vêtements et de jouets en Chine : partout, ce sont les mêmes conditions de travail épouvantables, la même sueur, les mêmes souffrances. Pour les multinationales qui exploitent ces esclaves modernes, le système fonctionne à merveille. Lorsqu'ils arrivent sur les marchés européens, les jouets qui y sont fabriqués défient toute concurrence : les coûts salariaux ne dépassent en effet jamais 6% du prix de vente.
De même que l'argent possède ses zones de non-droit avec les paradis fiscaux , la main d'ouvre est désormais victime du phénomène identique avec les zones franches, caractérisées par l'absence totale de taxations et de législation de travail contraignantes. Un enfer permanent pour les travailleurs qui y sont exploités, mais un eldorado éphémère pour les multinationales qui y retirent de juteux bénéfices. Car comme le rappelle très justement la CISL dans son rapport intitulé « L'envers des marques », les investissements étrangers dans les zones franches d'exportation sont de par leur propre nature précaires. Leurs auteurs sont en effet susceptibles d'abandonner un pays sur-le-champ pour un autre où une main d'oeuvre meilleur marché et plus docile leur serait proposée.
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