
“ Il meurt lentement celui qui devient l'esclave de l'habitude…, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves „
Pablo Neruda
vous êtes ici :
thématiques > réserves pétrolières : la conspiration du mensonge
Entre la première puissance économique mondiale, et celle qui à terme menace de la supplanter, il existe une sorte d' « équilibre de la terreur économique ». Les économies de la Chine et des Etats-Unis sont à ce point imbriquées et organiquement si indépendantes que la chute de l'une entraînerait automatiquement la chute de l'autre. Ce qui explique que les deux puissances se trouvent actuellement dans un état de neutralisation réciproque : la croissance de l'une dépend de l'autre.
Le plus grand déséquilibre économique mondial
Faiblesses chinoises
Faiblesses américaines
Comment désamorcer la bombe à retardement ?
Le plus grand déséquilibre économique mondial
Le déficit de la balance courante américaine est sur le point d'atteindre 7% de son PIB. Le déficit des comptes extérieurs américains est le plus grand déséquilibre financier de l'histoire en valeur absolue : en 2005, il s'élevait à 790 milliards de dollars et en 2006 à 764 milliards de dollars ! Bien qu'il se soit amplifié ces dernières années
avec une hausse continue du déficit commerciale depuis 2002, le problème majeur de l'économie américaine était déjà perceptible dans les années 1990 : les Etats-Unis consomment largement plus de biens qu'ils n'en produisent. Les échanges commerciaux avec la Chine représentent à eux seuls 232,5 milliards de dollars de déficit, soit plus du quart du déficit commercial total.
De manière plus simplifiée, la Chine finance la dette américaine en assurant sa propre croissance. L'Américain consomme trop par rapport à ce qu'il produit et le Chinois fait l'inverse. Selon la majorité des économistes, ce grand déséquilibre, qui s'aggrave d'années en années, ne peut durer indéfiniment sans déboucher sur une crise financière majeure.
Faiblesses chinoises
L'une des principales faiblesses de l'économie chinoise réside dans son secteur énergétique. La nécessité d'importer du pétrole a commencé en 1993, la Chine en important désormais 45% de ses besoins. Mais, ses réserves s'épuisant parallèlement à l'explosion de sa croissance, elle se dirige vers un état de dépendance quasi total (80% vers 2030 selon les estimations). À titre indicatif, la hausse des importations chinoises de pétrole en 2006 était de 20% supérieurs à 2005.
L'essentiel de son approvisionnement en pétrole lui vient du Moyen-Orient. Mais les 12.000 km séparant cette source d'approvisionnement de la Chine sont étroitement contrôlés par l'US Navy. En cas de conflit, une intervention rapide des Etats-Unis aurait pour effet de bloquer son approvisionnement principal. L'économie chinoise se retrouverait aussitôt étranglée et entrerait en phase de récession majeure. Ce n'est pas par hasard que la Chine tente de desserrer l'étau en accumulant les rencontres avec les pays africains - où elle s'approvisionne du reste en matières premières autres que le pétrole - et en intensifiant ses liens avec le Venezuela d'Hugo Chavez. De même, elle fait les yeux doux à la Russie et au Kazakhstan, dont les transferts continentaux sur terre paraissent plus sûrs. Mais ces tentatives, quand bien même couronnées de succès, s'avèreront insuffisantes pour permettre à la Chine de pouvoir contourner à court terme le Moyen-Orient pour satisfaire ses besoins énergétiques. Du moins pas selon son rythme de croissance actuel. Les Etats-Unis disposent donc d'un atout dissuasif majeur pour de nombreuses années encore.
La Chine doit également se méfier du revers du « made in China » qui contribue pour l'instant majoritairement à sa réussite. L'explosion d'un conflit avec les Etats-Unis se ressentirait très durement au sein de l'Empire du Milieu. L'Asie abrite en effet une nouvelle répartition des tâches, en vertu de laquelle la Chine importe de ses voisins, Japon, Corée du Sud et Taïwan en tête : le « made in China » ne l'est en réalité qu'à 40%. Une dépendance qui expose la Chine à une crise majeure en cas de conflit avec les Etats-Unis et, par extension, avec l'environnement régional : si l'on additionne les exportations chinoises vers les Etats-Unis et deux de ses alliés, le Japon et la Corée du Sud, on arrive à 40% de ses débouchés.
Faiblesses américaines
Consciente de ses faiblesses et soucieuse de préserver sa compétitivité, la Chine n'est pas restée inactive. Assise sur un trésor de réserves de changes qui ne cesse d'augmenter (2130 milliards de dollars en juillet 2009), la Chine a procédé à des achats massifs de bons du Trésor américains, faisant d'elle le principal créancier de l'économie américaine.
L'effet dissuasif de cette manoeuvre est considérable : la vente massive de ces bons entraînerait la chute du dollar et amplifierait la récession économique aux Etats-Unis. Face à cette perspective, les américains sont dans l'incapacité de donner la réplique : le déficit commercial des Etats-Unis est à ce point abyssal qu'ils ne peuvent espérer inverser suffisamment la tendance pour pouvoir encaisser le choc éventuel que causerait une revente de ces bons. L'Empire consomme bien trop par rapport à ce qu'il produit. Le système a ses limites que l'administration Bush, focalisée sur d'autres priorités comme l'approvisionnement énergétique, n'a entrevues que très tardivement.
De manière plus simplifiée, la Chine finance la dette américaine en assurant sa propre croissance. L'Américain consomme trop par rapport à ce qu'il produit et le Chinois fait l'inverse. Selon la majorité des économistes, ce grand déséquilibre, qui s'aggrave d'années en années et a été encore accentué par la crise économique, ne peut durer indéfiniment sans déboucher sur une crise financière majeure.
Comment désamorcer la bombe à retardement ?
Les deux puissances ont tout intérêt à trouver une issue progressive et pacifique à cette situation. En tout premier lieu car les deux puissances sont dotées d'un arsenal nucléaire, même si les forces en présence sont disproportionnées (le budget militaire chinois est 5 fois moindre que celui de son homologue américain).
Mais surtout car, dans la situation actuelle, aucune des deux économies n'en sortirait intacte. Que se passerait-il dans le cas où la Chine ou les Etats-unis déciderait de déclencher les hostilités ? Les relations économiques des deux puissances sont devenues à ce point interdépendantes que la chute de l'une entraînerait la chute de l'autre. L'effet domino des monnaies est saisissant. Si le dollar devait chuter, il entraînerait de facto le yuan avec lui, puisque le cours du yuan est arrimé et maintenu sur celui du dollar. La marge de manouvre de la Chine n'est donc pas si large qu'il n'y paraît à première vue.
Mais que dire alors de celle des États-Unis ? Le pays vit tout simplement au-dessus de ses moyens, s'endette de plus en plus et dépend majoritairement des capitaux étrangers pour financer son déficit. La crise des « subprime » a fragilisé encore davantage l'économie américaine. L'économie chinoise pourrait prendre pour la première fois dans cette étrange relation le dessus, pourvu qu'elle résiste à la crise boursière qui se prépare.
Revues de presse (afficher tout)