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thématiques > les Hedge Funds, nouveaux maîtres de la finance
Les Hedge Funds sont des fonds d'investissement à court terme à la recherche de la moindre opération fructueuse sur les marchés boursiers. Leurs pratiques varient mais le but reste inchangé : gagner un maximum d'argent en un minimum de temps. Quel qu'en soit le prix. Certains ciblent des sociétés qu'ils estiment sous-valorisées en bourse, d'autres rachètent les entreprises en faillite, les démantèlent et revendent les « pièces détachées » aux plus offrants. D'autres enfin identifient les sociétés ayant l'intention de sortir de Bourse, achètent quelques parts de leur capital afin de bloquer l'opération. puis exigent que leurs titres soient rachetés au prix fort. Ces stratégies répandues ne sont pas les seules que déploient les Hedge Funds, mais elles ont toutes en commun l'absence totale d'éthique ou de morale.
Au premier trimestre 2006, les actifs gérés par les Hedge Funds s'élevaient à 1540 milliards de dollars, soit un triplement de leurs actifs depuis l'an 2000 ! C'est une évidence : les Hedge Funds règnent en maître sur le monde de la finance, au point d'en concurrencer sérieusement les multinationales les plus puissantes. L'opacité et le secret, caractéristiques communes aux Hedge Funds, sont un autre atout. Bien qu'ils soient très majoritairement américains, 70% d'entre eux sont domiciliés dans des paradis fiscaux. N'étant toujours pas soumis aux mêmes contraintes que les sociétés cotées, les Hedge Funds disposent ainsi de le marge de manœuvre nécessaire pour agir, camouflant leur stratégie, leurs transactions financières et retardant ainsi jusqu'au dernier moment leurs offensives. Certains fonds poussent le vice jusqu'à recourir aux services d'agences de détectives privés ou d'autres limiers plus ou moins scrupuleux. Un document dérobé, une information confidentielle ou des chiffres compromettants suffisent souvent à orienter une stratégie…
Le hic, c'est qu'il existe de sérieux risques de dérapages. Et pas des moindres.
En septembre 2006, le fonds spéculatif Amaranth a perdu, à la suite d'une spéculation hasardeuse sur le marché du gaz, en quelques jours les deux tiers de son capital - soit la bagatelle. de 5 milliards d'euros ! L'affaire a réveillé le souvenir de la faillite du fonds d'investissement LTCM en 1998, obligeant la Fed (Réserve fédérale américaine) à baisser ses taux d'intérêts pour empêcher des effets en chaîne sur les marchés et les banques à renflouer le LTCM en urgence. La crise financière avait été évitée de peu. Mais cela n'a pas toujours été le cas. Le crash boursier asiatique de la fin des années 1990 n'est pas étranger aux spéculations des Hedge Funds, puisque certains d'entre eux s'étaient attaqués à des devises locales liées au dollar, faisant craquer un système de change déjà fragilisé et mal géré. Pour rappel, la crise asiatique a conduit à la faillite de plusieurs milliers d'entreprises et a provoqué la mise à pied de plusieurs millions de travailleurs. Les agissements peu scrupuleux des Hedge Funds peuvent donc conduire à des conséquences désastreuses.
Tout homme sensé serait donc tenté de réguler ces pratiques spéculatives, bien plus souvent dommageables pour les salariés des entreprises victimes des « stratégies » des Hedge Funds que pour ces derniers. Pourtant, malgré la réelle volonté des gendarmes boursiers, telle la SEC aux Etats-Unis, de les encadrer, rien n'a été entrepris. La raison de ce non-sens est à mettre sur le compte des protections d'instances très haut placées. La Fed, très liée au secteur bancaire et à l'administration Bush, s'est prononcée plusieurs fois contre toute transparence supplémentaire. Enfin, la SEC, qui avait réussi à contraindre les Hedge Funds à s'enregistrer auprès d'elle, a été déboutée par une cour d'appel fédérale, jugeant cette obligation (pourtant déjà fort peu contraignante) illégale. Rien ne semble donc devoir entraver la domination croissante des Hedge Funds sur le monde de la finance.
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