
“ Il y a une chose pire encore que l'infamie des chaînes, c'est de ne plus en sentir le poids „
Georges Bauër
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Au contraire...
Une institution en contradictions constantes (bientôt en ligne)
La présidence controversée de Paul Wolfowitz (mai 2008)
La présidence controversée de Paul Wolfowitz
La présidence de Paul Wolfowitz, qui s'est étalée de mars 2005 à mai 2007, laissera des traces. Sur cette courte période, l'ancien numéro 2 du Pentagone - à qui l'on doit entre autres la brillante intervention américaine en Irak - aura eu l'occasion de discréditer encore davantage la Banque Mondiale. Il ne l'a pas manqué.
« Proposée » par l'administration Bush, approuvée par des européens soucieux de ne pas froisser leur allié américain, la nomination de Wolfowitz marqua une politisation à outrance des postes essentiels de l'institution en faveur de proches du président, ainsi qu'un durcissement immédiat de la ligne de conduite de la Banque. La lutte contre la corruption fut élevée au rang de religion.
Si on ne peut que légitimement se féliciter d'une telle volonté, cette véritable croisade fut pourtant rapidement critiquée au sein même de l'institution, notamment par le comité de développement de la Banque. Et pour cause. D'abord, l'institution a toujours eu pour mandat principal le développement de projets visant à la réduction de la pauvreté. Ensuite, les critères de la Banque sont apparus à géométrie très variable. Ainsi, le Bangladesh se vit refuser un prêt pour cause de privatisation insuffisante. D'autres pays furent menacés de voir leurs prêts bloqués, soit pour des raisons identiques, soit sur des soupçons de corruption souvent très discutables. Au total, c'est l'équivalent d'un milliard de dollars de prêts qui furent gelés pendant la présidence de Paul Wolfowitz. Par contre, la Banque fit preuve de grande clémence dans d'autres cas de figure. On ne peut s'empêcher de citer en exemple le Tchad, dont le président s'était allégrement servi dans les sommes prêtées par la Bnaque Mondiale (BM) pour renforcer son arsenal militaire. En réalité, la BM a investi depuis plusieurs années des sommes considérables dans la construction de son projet le plus controversé : un oléoduc reliant le Tchad et le Cameroun et dont les profits seront exploités par Exxon (Shell et Total s'étant finalement retirés du projet.). La lutte contre la corruption à géométrie variable prônée par M. Wolfowitz a donc surtout servi d'alibi, permettant de poursuivre au mieux les intérêts géostratégiques de son président et de ceux qui l'ont toujours soutenu : l'administration Bush et les multinationales.
La présidence controversée de Paul Wolfowitz prit fin en mai 2007 avec sa démission. Car, alors que la bonne gouvernance figurait en première place dans ses exigences, l'homme n'appliqua pas ces bons principes à lui-même et à ses proches. L'indemnité faramineuse qu'il accorda à sa compagne, un temps membre de la Banque, au mépris des règles internes de l'institution lui coûta finalement son poste. Une démission qui nous débarrasse de l'homme, mais pas du système. Car le nouveau président fraîchement élu, Robert Zoellick, est également en relation privilégiée avec l'administration américaine. Quant à la règle non-écrite imposant un président américain, elle n'est une nouvelle fois pas remise en question. Ce monopole transatlantique, aussi obsolète que nuisible, ne peut que laisser l'image d'occidentaux s'évertuant, envers et contre tout, à rester les maîtres du monde.
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