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UNE DOMINATION SANS PARTAGE

IFI

Une institution en perte d'influence et de légitimité
Il arrive au Fonds Monétaire International (FMI) le pire de ce qui peut arriver à une entreprise : perdre son image de marque et ses clients. L'Argentine et le Brésil, soucieux de se débarrasser d'une tutelle trop envahissante et de réaliser à terme de belles économies, ont remboursé anticipativement leurs dettes en 2006. L'Indonésie et l'Uruguay leur ont également emboîté le pas, laissant au FMI la Turquie comme dernier débiteur majeur. Alors que l'encours total des prêts dépassait les 100 milliards de dollars en 2003, il est retombé à 20 milliards en juillet 2006, réduisant ainsi de façon sensible son influence sur la politique économique des pays en développement et ses capacités d'action. C'est lorsqu'on examine les comptes du FMI en 2006 que l'on saisit réellement l'intérêt pour un pays débiteur de procéder à des remboursements anticipés. Et de fait, le pactole s'est amoindri, à tel point que le FMI est devenu déficitaire de 103 millions de dollars pour l'année 2006. Quant au déficit estimé pour 2010, il s'élèverait à 367 millions de dollars ! Selon les conseils d'un rapport d'expertise, le FMI devrait vendre 400 de ces 3.200 tonnes d'or pour permettre de garder le navire à flot.

Parallèlement, la principale mission du FMI lors de sa création était de garantir le fonctionnement harmonieux du système monétaire mondial, afin notamment de prévenir les risques de crises financières. Non seulement, il n'a pas su anticiper les crashs financiers qui ont secoué les marchés russes, asiatiques et sud-américains, mais il a à chaque fois aggravé la situation par des initiatives qui n'ont jamais tenu compte des réalités économiques locales. La spéculation alimentée sur les marchés par les fonds d'investissement, dont les puissants fonds de pension et les hedge funds, crée une instabilité permanente sur les marchés financiers. Face à cette évolution préoccupante de la nature même du système financier mondial, le FMI est impuissant et désarmé. Ses mandats ne lui attribuent aucun pouvoir décisionnel contraignant sur les acteurs des marchés financiers et ses mises en garde sont sans le moindre impact sur leurs comportements.

Comme on le voit, que ce soit au niveau financier, et plus grave encore au niveau de la raison même de son existence, le FMI est en crise. Et en conséquence, ironie du sort, il pourrait subir ce qu'il a exigé aux pays en voie de développement pendant trop longtemps : un ajustement structurel notoire.


Les plans d'ajustement structurel
La principale mission du FMI lors de sa création lors des accords de Bretton-Woods aux lendemains de la deuxième guerre mondiale était de garantir le fonctionnement harmonieux du système monétaire mondial, afin notamment de prévenir les risques de crises financières. Mais au fil des décennies, notamment avec l'abandon de l'étalon-or par les Etats-Unis en 1971, le FMI se voit contraint de se recentrer sur une autre activité : la fourniture de crédits. Mais pas n'importe comment. Le FMI fixe comme tout organisme de crédit l'échéance de remboursement et le taux d'intérêt, mais il « conditionne » ses prêts : ce sont les plans d'ajustement structurel.

Ces plans s'inspirent largement de la logique du courant économique néolibéral. À tel point que le FMI impose systématiquement la même recette, de l'Islande à l'Indonésie, sans tenir compte des spécificités de l'économie locale… Les marchés financiers sont des agents parfaits, ainsi en va-t-il de la recette du FMI. Les principales exigences sont toujours les mêmes : exiger la privatisation des entreprises du secteur public - offrant par la même occasion des nouveaux marchés aux multinationales des pays riches - imposer une coupe dans les budgets sociaux, mais aussi et surtout privilégier les exportations manufacturières aux exportations de denrées alimentaires. Ce dernier point se concrétise aujourd'hui de manière dramatique puisque pratiquement tous les pays pauvres où ont éclaté des « émeutes de la faim » - et où en éclateront encore bien d'autres – sont des anciens « patients » du FMI aujourd'hui incapable d'assurer ne fût-ce que leur autosubsistance.

Il est également à noter que le Fonds a toujours fait la sourde oreille lorsque a été évoquée l'idée d'un « audit de la dette ». Car ne l'oublions pas, le FMI n'a jamais été très regardant à ceux qu'ils prêtent. De Pinochet en passant par de nombreuses dictatures sanglantes, le FMI a prêté beaucoup d'argent, souvent détourné, dont les citoyens des pays concernés payent aujourd'hui encore les intérêts …

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Bibliographie

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  • « L’OMC face au changement climatique » de Raphaël Kempf (Pedrone, 2009)
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  • « Le FMI » de G.M Henry (Jeunes éditions, 2006)
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  • « L'Organisation mondiale du commerce » de M.Rainelli (la Découverte, 2004)
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  • « Le règlement des différends à l'OMC » de E. Canal-Forgues (Emile Bruylant, 2004)
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  • « L'OMC : où s'en va la mondialisation ? » de C.Deblock (Fides, 2002)
  • « La grande désillusion » de J.Stiglitz (Fayard, 2002)
  • « OMC, le pouvoir invisible » de A. Bertrand / L. Kalafatides (Fayard, 2002)
  • « L'agriculture, talon d'achille de la mondialisation. Clés pour un accord agricole solidaire à l'OMC » de J.Berthelot (Harmattan, 2001)
  • « Mondialisation excluante, nouvelles solidarités. Soumettre ou démettre l'OMC » de D.Horman (Harmattan, 2001)
  • « FMI : les peuples entrent en résistance » de E.Toussaint (Syllepse, 2000)
  • « Ajustement structurel et lutte contre la pauvreté en Afrique : la Banque Mondiale face à la critique » de B.Sarrasin (Harmattan, 1998)

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