
“ Il y a une chose pire encore que l'infamie des chaînes, c'est de ne plus en sentir le poids „
Georges Bauër
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une domination sans partage > dette extérieure > initiative PPTE : une « réussite » contestable
Pressés par l'opinion publique et de nombreuses ONG, les grands argentiers du monde s'étaient engagés au G7 de Cologne de 1999 à annuler la dette des pays les plus pauvres de la planète. L'effort annoncé s'élevait à 100 milliards de dollars. L'opération, plus communément appelée « initiative PPTE » (Pays Pauvres Très Endettés), a eu le mérite d'être organisée et d'effacer partiellement l'ardoise des pays concernés. Mais au-delà des chiffres et des effets d'annonce, il convient malheureusement de tempérer.
La somme totale en jeu ne représente jamais que moins de 10% du montant total de la dette des pays du tiers-monde. Quant aux pauvres de la planète, ils ne sont que 20% à être concernés par l'opération. Mais davantage encore que les manœuvres politiques qui ont écarté du jeu certains pays contraires aux intérêts de Washington, c'est la durée et les conditionnalités assorties à l'initiative PPTE qui ont fortement entamé sa crédibilité. Pour être éligibles, les pays bénéficiaires ont du effectuer pendant six années un véritable parcours du combattant de politiques restrictives, marquées du sceau du néo-libéralisme. Déjà affaiblis par de précédents plans d'ajustement structurel au cours des années '90, ces pays se sont vu imposer de nouvelles mesures libérales : privatisations des derniers secteurs rentables, ouverture et libéralisation des marchés ont en effet été les ingrédients d'une politique qui a particulièrement souri aux multinationales des pays développés. Celles-ci ont ainsi pu à leur guise s'emparer des rares ressources de valeur des pays pauvres. Les populations concernées ont quant à elles souffert le martyre, les institutions financières internationales ayant exigé des coupes drastiques dans les secteurs les moins rentables, les services sociaux étant bien naturellement en première ligne.
Au final, seulement 18 des 42 pays concernés ont atteint le point d'achèvement en janvier 2006. L'annulation cumulée de la dette des heureux élus ne comprend que 40 des 100 milliards de dollars prévus dans l'objectif initial. La pauvreté, dont la réduction était l'un des buts recherchés par l'initiative PPTE, n'a pas reculé dans les pays bénéficiaires. Quant à leurs dettes, sous des formes certes moindres, elles existent encore. Comme en atteste un rapport de la section d'audit interne de la Banque Mondiale (désavouée par ses propres employés.), cet échec est entièrement imputable à l'intransigeance et au fanatisme du marché dont sont profondément imprégnés le FMI et la Banque Mondiale. En définitive - c'est le moins que l'on puisse affirmer - l'initiative PPTE s'est soldée par un bilan très mitigé.
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