
“ La meilleure preuve d’intelligence est de raisonner à la fois sur deux idées contradictoires. Par exemple, savoir que les choses sont sans espoir, et travailler en fonction de l’espérance „
Francis Scott Fitzgerald
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une domination sans partage > dette extérieure > l'annulation de la dette des PED : impossible ?
Divers arguments sont avancés par les marchés financiers et les pays créanciers pour justifier l'impossibilité d'annuler dans son entièreté la dette des PED. L'économie mondiale serait en danger de mort, les marchés seraient dérégulés, l'ensemble du système mondial financier chamboulé.
Prenons donc un exemple de crise financière majeure, celle qui secoua les places financières entre 2000 et 2002. De nombreux titres côtés en Bourse s'effondrèrent, les pertes les plus spectaculaires se situant dans les technologies cotées au Nasdaq (jusqu'à 80% de « décote»). En fin de compte, les valeurs détruites en Bourse au cours de cette période ont été largement supérieures à la valeur totale de l'ensemble du montant de la dette extérieure des 122 pays du tiers-monde ! Pourtant, malgré l'ampleur des capitaux détruits au cours de cette crise, les places financières se sont toutes rétablies. Aucun pays du nord ne s'est retrouvé en difficulté majeure. Quant aux valeurs autrefois sévèrement touchées, elles se portent mieux que jamais. Bref, l'effondrement du système financier mondial n'a pas eu lieu. Procéder à l'annulation pure et simple de la dette extérieure de tous les pays du tiers-monde, qui au demeurant ne représente que 3% du montant total des dettes mondiales, est donc tout à fait possible. Les principaux créanciers disposent de réserves largement suffisantes pour ne pas être affectés (32 milliards de dollars pour la Banque Mondiale, 30.000 tonnes d'or pour le FMI).
Enfin, pour définitivement se convaincre que le maintien de la dette des pays pauvres n'est ni une nécessité ni une fatalité, il convient de rappeler quelques choix géostratégiques révélateurs : l'Egypte qui avait soutenu Washington durant la première guerre du Golfe obtint en 1991 une annulation complète de sa dette. La même année, la Pologne fut récompensée de la sorte pour avoir quitter le Traité de Varsovie. Après la Russie en 1998, ce fut au tour du Pakistan en 2001, pour son aide à l'intervention américaine en Afghanistan. Enfin, en 2004, la dette irakienne avait fait l'objet de vives discussions au sujet de sa réduction, le clan américain obtenant finalement l'annulation de 31 des 39 milliards de dollars dont le pays était redevable au Club de Paris, groupe informel des pays les plus riches de la planète.
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