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une domination sans partage > dette extérieure > l'évolution de la dette
des pays pauvres
Même si des réductions de dette extérieure ont été annoncées à plusieurs reprises, le total de la dette extérieure des pays dits « en développement » a atteint en 2006 un nouveau record : 2.850 milliards de dollars selon la Banque mondiale. À quoi il faut y ajouter, surtout pour les pays émergents, le fait que la dette intérieure a littéralement explosé. Selon la Banque mondiale toujours, elle est désormais trois fois plus élevée que la dette extérieure. En 2006, les remboursements liés à la dette extérieure publique des pays dits « en développement » ont approché 240 milliards de dollars, si bien qu'on estime que le montant total des remboursements liés à la dette publique (extérieure et intérieure) est de l'ordre de 1000 milliards de dollars. Une saignée dramatique conduisant à une sévère détérioration des conditions de vie des populations pauvres. Comment en est-on arrivé à de telles extrémités ? Un petit retour en arrière s'impose.
L'année 1979 marque un tournant crucial, lorsque le gouvernement Reagan augmente drastiquement les taux d'intérêts, qui triplent soudainement, passant de 4-5% à 16-18%. Le discours officiel pour justifier cette hausse soudaine est de casser l'inflation existante. En réalité, le gouvernement Reagan, simple prolongement des grands groupes financiers américains, avait pour premier objectif de se réapproprier la mainmise sur l'économie mondiale, notamment en inversant le rapport de force entre les créditeurs (les pays riches et les IFI) et les débiteurs (les pays pauvres). Ceux-ci se retrouvent alors dans l'obligation de rembourser le triple de ce qu'ils étaient effectivement sensés rembourser.
Les années 80 sont marquées par une escalade vertigineuse du montant total de la dette mondiale, puisqu'en dix ans, elle passe de 580 milliards de dollars à 1420 milliards ! Outre la hausse brutale des taux d'intérêts, la chute progressive des prix des principaux produits d'exportation diminue les rentrées financières des pays du Sud, les obligeant à contracter de nouveaux emprunts pour rembourser leur dette existante. Cette période est aussi marquée par l'agissement de gouvernements corrompus ou dictatoriaux, majoritairement soutenus par les gouvernements des pays riches et par les institutions financières internationales, qui s'endettent volontairement bien au-delà de leur capacité de remboursement, afin de pouvoir détourner massivement les sommes reçues. Les autres gouvernements ne peuvent pas davantage enrayer la spirale infernale : l'effet combiné des taux d'intérêts élevés et des emprunts nécessaires au remboursement d'emprunts antérieurs provoque une augmentation inexorable de la dette.
La fin des années 90 marque un léger tournant avec une prise de conscience de l'impossibilité de continuer à ce rythme. Si les créanciers, tels la Banque Mondiale , le FMI ou le Club de Paris, ne lâchent que très peu de lest, ce sont plutôt les PED qui tentent eux-mêmes de freiner l'hémorragie en remboursant davantage. Mais les taux d'intérêts ont ruiné ces vains efforts, le stock total de la dette extérieure publique des PED atteignant aujourd'hui la somme considérable de 2.850 milliards de dollars.
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