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une domination sans partage > dette extérieure > la dette et ses non-sens
Puisque quelques chiffres valent parfois mieux que de longs discours, autant résumer l'absurdité à laquelle sont confrontés les PED en une seule phrase : bien qu'ayant remboursés presque dix fois ce qu'ils devaient en 1980, le montant cumulé de la dette des PED a été durant cette même période multiplié par 5. En effet, de 540 milliards de dollars en 1980, le stock cumulé de la dette des PED a atteint 2.600 milliards de dollars. Et ce malgré que les remboursement effectués durant cette période s'élèvent à 5.300 milliards de dollars ! Comme on peut le constater, l'impasse est totale. En effet, le recours à l'emprunt sert essentiellement à assurer la poursuite du remboursement des prêts antérieurs. Les taux d'intérêts à eux seuls sont en bonne partie responsables de cet endettement inexorable. Les habitants des PED sont les éternelles victimes de cet interminable effet « boule de neige ».
L'aide au développement si « généreusement » offerte par les pays riches est un autre modèle de non-sens. L'exemple suivant, un parmi tant d'autres, tend à démontrer qu'elle n'est en réalité que poudre aux yeux. Pour l'année 2003, l'aide publique au développement des pays du nord aux 122 pays du tiers-monde s'élevait à 54 milliards de dollars, alors que ces derniers remboursaient pour la même année 436 milliards de dollars pour le remboursement de leurs dettes, soit près de 9 fois plus ! De plus, les aides publiques au développement sont très souvent sujettes à manipulation. Par exemple, sur les 12,5 milliards de d'euros consacrés par l'UE dans ce secteur en 2005, 10 milliards de dollars ont été attribués… à l'annulation partielle des dettes du Nigeria et de l'Irak ! Non seulement, les annulations de dette sont comptabilisées dans l'aide au développement, mais en plus, la quasi-totalité de ce montant a été consacrée à l'annulation de la dette de deux pays dans lesquels les intérêts financiers américains sont très largement engagés. Et ce aux détriments des autres PED qui peuvent légitimement revendiquer bien davantage que les maigres 2,5 milliards restants. En fin de compte, ce qui reste le plus inadmissible, c'est que ce sont les multinationales pétrolières américaines, très présentes au Nigeria et en Irak, qui sont les grandes bénéficiaires de l'aide européenne au développement. Qui oserait en effet affirmer que les populations irakiennes et nigérianes ont réellement profité d'une quelconque réduction de leur dette extérieure ?
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