
“ Il y a une chose pire encore que l'infamie des chaînes, c'est de ne plus en sentir le poids „
Georges Bauër
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une domination sans partage > dette extérieure > le tsunami, ou l'apogée du cynisme
Dimanche 26 Décembre 2004. Un tsunami d'une ampleur exceptionnelle frappe les côtes des pays du pourtour océanique. Les pays touchés sont tous des pays soumis à une dette extérieure majoritairement contractée auprès des pays riches, du FMI et de la Banque Mondiale. Rien que pour les cinq pays les plus touchés, le remboursement annuel se chiffre à près de 50 milliards de dollars ! Cinq fois plus que l'aide internationale réunie, aides d'urgence de nombreux gouvernements et donations privées comprises.
Le CADTM et de nombreuses ONG appellent immédiatement à l'annulation totale de la dette de tous les pays touchés. Mais le Club de Paris (réunissant les représentants des 19 plus puissants pays créanciers) ne fait pas preuve de la même solidarité que celle affichée par les populations du monde entier : le 14 janvier 2005, un moratoire - une suspension temporaire des paiements - est approuvé et proposé aux pays victimes du tsunami. Les gigantesques dégâts humains et matériels n'auront donc pas suffi à annuler, ne fût-ce que partiellement, la dette. Pire encore, l'intérêt continuera de courir pendant la période de moratoire, laissant aux pays victimes du tsunami une dette encore plus lourde à rembourser lorsqu'il s'agira de reprendre le remboursement ! Comme ce fût le cas au Honduras, lorsque le cyclone Mitch détruisit la moitié du pays à lui tout seul.
Autant par indignation face à la fausse générosité affichée par les pays créanciers que par souci de démontrer aux marchés leur capacité économique à se débrouiller seuls, les pays les moins atteints par le tsunami refusent le moratoire. Seuls les deux pays les plus durement touchés (le Sri Lanka et l'Indonésie) sont dans l'obligation d'en accepter les conditions. Pour toutes ces nations, loin d'avoir allégé le fardeau de la dette, le tsunami l'a finalement encore davantage alourdi.
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