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une domination sans partage > paradis fiscaux > une anomalie de l'économie mondiale ?
Au contraire...
D'une manière générale, on constate que les paradis fiscaux sont parfaitement adaptés au nouvel ordre mondial économique.
Tout d'abord, ils correspondent largement à la logique du profit maximal. Les multinationales voient dans le fisc et les taxations en général un obstacle à leur accumulation de profits. Echapper à l'impôt est devenu un exercice de style obligé pour la rentabilité du capital. Le phénomène est considérable : plus de la moitié des transactions financières internationales passent par les paradis fiscaux. Des milliers de banques offshore et des millions de sociétés écrans y sont implantées. Plus qu'une caractéristique de l'économie mondiale, ils sont en passe d'en constituer l'ossature.
On constate également que les banques sont très largement implantées dans les paradis fiscaux. Pour prendre un exemple révélateur, en 2000, les Îles Cayman abritaient pas moins de 575 banques (pour une population totale de 35.000 habitants!) qui géraient des dépôts équivalents à plus de 500 milliards de dollars… Les banques défendent naturellement leur intégrité en prétendant qu'elles mettent en place des procédures pour détecter les mouvements de fonds douteux et les clients "indésirables". En vérité, les banques sont peu armées pour ce rôle de police, de toute manière incompatible à leurs intérêts, le secret bancaire en vigueur dans la quasi-totalité des paradis fiscaux enlevant définitivement toute crédibilité à cette « lutte ».
Un autre lien peut être établi avec le nouvel ordre mondial économique : les paradis fiscaux connaissent une multiplication croissante, aussi bien en nombre que dans leurs secteurs d'activités et leurs spécialisations. Il faut y voir une parfaite osmose avec deux des principales caractéristiques de la mondialisation : l'augmentation des flux financiers et le développement des nouvelles technologies.
Une dernière observation est à faire, mais elle démontre à elle seule l'échec du système économique mondial. Il est en effet surprenant de constater que les derniers territoires souverains, c'est-à-dire capables d'opposer fermement à la communauté internationale leur législation propre, ne sont en réalité pas les plus puissantes nations de la planète mais bien de simples micro-états. Ceci n'est évidemment pas le fruit du hasard mais bien les conséquences d'un nouvel ordre économique mondial pour qui le profit est la priorité absolue.
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